#6 Les Biais Cognitifs : Notre cerveau façonne notre réalité quotidienne!

« Je le savais bien », « ils sont tous pareils », « Si je lui dis que je ne peux pas aller la visiter ce weekend, elle va m’en vouloir et me jugera comme étant un(e) mauvais(e) ami(e) »...

Et pourquoi à la fin de la journée on ne se souvient que de la petite altercation avec sa collègue ? alors qu’au final, si on réfléchit, la journée était plutôt bonne… pourquoi ?

Eh bien c’est à cause des biais cognitifs… encore un truc fascinant du cerveau.

En fait, les biais cognitifs font partie des filtres dont je parlais dans mon dernier article. Ils participent à transformer le chemin herbeux en route bien balisée. Il y en a des centaines, pour la plupart scientifiquement prouvés, référencés dans le codex des biais cognitifs. Certains ont des noms vraiment marrants, comme « loi de futilité de Parkinson » ou « l’exemple de l’abri à vélo » (que j’ai souvent expérimenté quand j’animais des réunions dans mon ancien job !) ou encore « l’effet IKEA » .

codex des biais cognitifs

Parmi ces centaines de distorsions cognitives, il y en a certains qui ont vraiment une place importante dans notre quotidien à tous, et je suis sure qu’ils vont vous parler, que vous allez reconnaitre des situations.

Alors, qu’est-ce qu’un biais cognitif?

C’est un mécanisme de pensée à l’origine d’une altération de jugement. Une façon rapide et intuitive de porter des jugements ou de prendre des décisions, moins laborieuse qu’un raisonnement analytique qui tiendrait compte de toutes les informations pertinentes. Un schéma de pensée trompeur et faussement logique. On va souvent valider, penser comme vrai, que ce qui va dans le sens de ce filtre. Souvent, on réalise que l’on est biaisé lorsqu’il existe des erreurs dans notre raisonnement.

Les biais cognitifs influencent nos choix, en particulier lorsqu’il faut gérer une quantité ’informations importantes ou que le temps est limité. Il se produit ainsi une forme de dysfonctionnement dans le raisonnement.

Le markéting et la publicité, par exemple, utilisent nos biais cognitifs en prévoyant nos comportements et nos choix pour nous amener à acheter et faire des choix.

Ce mécanisme est systématique. Autrement dit, pour un individu donné, telle situation entraînera tel biais cognitif.

Les biais sont utiles, la plupart du temps. Issus de l’évolution et des milliers d’années d’expérience de l’être humain, ils permettent de réfléchir vite, de prendre des décisions rapidement, qui ont pu sauver la vie à des ancêtres préhistoriques ! mais parfois, ils nous trompent…

Toutefois, en être conscient permet à l’être humain d’exercer son libre arbitre. Et bien-sûr, le coaching est un excellent moyen d’en prendre conscient et de développer des moyens pour contrer les biais quand ils ne nous conduisent pas sur le chemin de notre vie choisie.

Le biais de négativité

Biais de négativité

C’est la tendance à être plus affecté(e) par les événements et les informations négatifs que par les événements et les informations positifs. Au moment de réfléchir et d’agir, les aspects négatifs de la situation prennent le dessus sur les aspects positifs.

Ça vient probablement de nos ancêtres préhistoriques qui avaient besoin d’être plus réactifs afin d’éviter un éventuel danger. Il y a une explication biologique : le biais de négativité serait une prédisposition inscrite dans notre génome. Il existe également une explication neurobiologique : la zone qui traite l’information négative enverrait plus de signaux que la zone qui traite l’information positive. Ainsi les, les signaux négatifs sont plus rapidement détectés que les signaux neutres ou positifs.

La conséquence, c’est que les mauvaises nouvelles et les expériences traumatisantes s’impriment directement dans notre mémoire à long terme, alors qu’il faut rester concentré plus de 12 secondes sur une bonne nouvelle pour qu’elle passe de notre mémoire tampon à notre mémoire à long terme.

Et voilà pourquoi on ressasse en fin de journée la petite remarque négative de ce collègue parmi tous son discours vantant nos mérites. Et voilà aussi pourquoi les infos diffusent surtout des mauvaises nouvelles : on y est plus attentif !

L’avantage de ce biais de négativité, c’est que ça peut nous aider à survivre ! l’inconvénient, c’est que ça peut influencer la manière dont nous percevons les situations, entravant une analyse objective des faits et impactat souvent l’image qu’on peut avoir de soi.

En avoir conscience et travailler sur sa perception des faits (en coaching par exemple !) peut diminuer l’impact de ce bais.

L’effet Dunning-Kruger

J’aime beaucoup celui-là. Il va pas mal concerner les personnes en manque de confiance en elle. En effet, c’est le résultat d’un biais cognitif qui amènent les personnes les moins compétentes à surestimer leurs compétences et les plus compétentes à les sous-estimer.

En effet, les personnes qui n’ont que peu de compétences sur un sujet n’ont pas conscience de tout ce qui leur manque pour être experte sur un sujet tandis que les experts, eux, malgré toutes leurs connaissances, ont conscience de leurs incertitude, de ce qu’ils ne savent pas.

C’est ce qui amène tonton robert à savoir exactement ce qu’il faut faire contre le convid ou pour résoudre le conflit israelo palestinien… et ce qui vous amène à dire « non, je ne suis pas sure de pouvoir intervenir dans cette formation » (dont vous connaissez pourtant bien le sujet).

En coaching, pour le contrer, on va travailler à mettre en avant vos ressources. Dans le cas de la situation ci-dessus de la formation, on va identifier l’adéquation entre vos ressources, les attentes des personnes formées, le degré d’expertise attendu…

Le biais de statu quo

Le biais de statu quo est la tendance à préférer laisser les choses telles qu’elles sont. Un changement nous apparait alors comme apportant plus de risques et d’inconvénients que d’avantages possibles. Dans divers domaines, ce biais explique des choix qui ne sont pas les plus rationnels.

En coaching, c’est ce qui explique certains des freins au changement. On va travailler cela par exemple à l’aide de 4 questions que je trouve très puissantes :

les questions à se poser
  • Quels sont les avantages à rester dans la situation
  • Quels sont les inconvénients à rester dans la situation
  • Quels sont les avantages à changer ?
  • Quels sont les inconvénients à changer.

Il est important de bien se poser chacune des 4 questions, une par une.

Le biais de confirmation

On peut aussi parler du biais de confirmation, qui est la tendance à ne rechercher et ne prendre en considération que les informations qui confirment les croyances et à ignorer ou discréditer celles qui les contredisent. C’est souvent inconscient. Là, en coaching, je vais amener le client ou la cliente à bien prendre en compte toutes les situations.

Les 3 biais suivant, je les ai souvent repéré, sans connaitre leur noms, quand j’anime des réunions.

Le biais de conformisme

Le biais de conformisme est la tendance à penser et agir comme les autres le font. Quand on manque de confiance en soi, qu’on craint le regard des autres, ce biais est fort.

L’ignorance pluraliste

L’ignorance pluraliste désigne un phénomène dans lequel une majorité de membres d’un groupe rejettent en privé une norme, mais supposent à tort que la plupart des autres l’acceptent, et donc s’y conforment. Là encore, le manque de confiance et d’estime de soi laissent une large place à ce biais.

Le biais de faux consensus

Le biais de faux consensus est la tendance à croire que les autres sont d’accord avec nous plus qu’ils ne le sont réellement. Ce biais peut être particulièrement présent dans des groupes fermés dans lesquels les membres rencontrent rarement des gens qui divergent d’opinions et qui ont des préférences et des valeurs différentes.

Il est important alors pour l’animateur ou le coach d’équipe d’amener les membres du groupe à vraiment bin s’exprimer, à l’aide de différents outils d’animation, pour contrer ces biais.

Le biais de représentativité

Il y a aussi le biais de représentativité, un raccourci mental qui consiste à porter un jugement à partir de quelques éléments qui ne sont pas nécessairement représentatifs

L’effet de halo

L’effet de halo se produit quand la perception d’une personne ou d’un groupe est influencée par l’opinion que l’on a préalablement pour l’une de ses caractéristiques. Par exemple, une personne de belle apparence physique sera perçue comme intelligente et digne de confiance. L’effet de notoriété est aussi un effet de halo.

Le coaching permet de défaire des biais cognitifs

Ces biais sont donc des phénomènes et des modes de pensées qui nous amène à des croyances et des comportements (plus ou moins) facilement repérables. Tout seul, ce n’est pas toujours évident. En coaching, on les travaille au fil de chaque séance, en fond. On se libère ainsi de pensées automatiques (entre autres grâce à l’outil qu’on a décrit dans l’article lien). Ainsi, on ne subit plus les chemin tracé par des milliers d’année d’évolution de notre cerveau, on change notre comportement, on est à l’aise pour exprimer notre unicité, prendre notre place et atteindre ainsi notre vie choisie !

2 réflexions sur “#6 Les Biais Cognitifs : Notre cerveau façonne notre réalité quotidienne!”

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